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RDC: Exclusivité: " Moïse Katumbi est un Self-made-man "

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RDC: Exclusivité: " Moïse Katumbi est un Self-made-man "

Monsieur Dadou MOANO, Congolais de la diaspora, Répresentant de l'Alliance des Démocrates Pour le Progrès, ADP-MSDD/France parle depuis Paris, de la situation de la RDC. Sécurité, économie, dialogue, G7 et candidat Moïse Katumbi.

C'est sur plusieurs sujets d'actualités de la RDC que la rédaction du www.lanouvelleafrique.com a approchée l'internationaliste, et homme politique Dadou MOANO. Membre du G7, Monsieur MOANO est un fruit de l'Université de Lubumbashi, formé en Relations Internationales. Homme de culture, attiré par l'art, il est également passionné de l'histoire en générale et celle de la RDC en particulier. Il aime les spécificités locales, l'écriture étant son violon d’Ingres. Écrivain, il préside l'Association Eden Morel, laquelle  défend la cause des lanceurs d'alerte et agit comme consultant dans les services migrants.

Ci-dessous ces propos recueillis:

N.A/ La RDC est secouée par une crise politique trait à l'impasse du processus électoral de 2016. Quelle en est votre lecture?

J’emploierais plutôt d'autres mots pour designer la situation actuelle. Pour moi, il s'agit des effets du blocage du processus électoral par la volonté délibérée du pouvoir. Constatez avec moi qu'il n'y a pas crise politique car l'ensemble des institutions de l'Etat fonctionnent correctement. La réalité est que le Gouvernement Matata qui nous a longtemps chanté les performances économiques et une croissance quasi-miraculeuse est dans une incapacité à financer une institution issue d'une constitution votée à 85% par les congolais.
Par effet d'entrainement, les élections pourtant sont cycliques, donc prévisibles et régulières sont impactées. Le budget alloué à l'entité organisatrice des élections à savoir la CENI, a été en violation de tout art financier et budgétaire orienté vers des dépenses improvisées et imprévues. Il apparaît très clairement aux yeux de l'opinion que le gouvernement Matata, main agissante du pouvoir, a donc créé artificiellement les conditions favorables à une paralysie financière de la CENI, par conséquent un blocage du processus électoral dans le but de faire éterniser le Président Kabila au pouvoir. Probablement pour le faire battre le record de la longévité au pouvoir en Afrique Centrale. Vous remarquez donc qu'une ingénierie d'inspiration machiavélique, si pas luciférienne a été élaborée pour cette fin. Le peuple congolais mature avait bloqué les subterfuges du pouvoir en janvier 2015, regarde de très près, le déroulement des choses, et il est prêt à prendre ses responsabilités  en toute plénitude.

N.A/ Maintenant que la Ceni parle d'impossible tenue de la présidentielle dans le délai et qu'il faut 16 mois pour constituer le fichier avant les élections. Quelle voie à suivre, selon vous?

La Ceni doit être explicite. Nous donner la véritable raison de l’impossibilité à organiser les élections. Cette raison nous permettra d'établir les responsabilités afin d'en tirer toutes les conséquences politiques et juridiques. En effet, la Ceni doit nous dire solennellement qu'elle en est là " faute de financement", et ce financement est de la responsabilité du gouvernement.
Par la rhétorique de la Ceni, nous constatons qu'elle évoque des raisons techniques qui rendent impossible le respect des délais. Non, la véritable raison n'est pas technique mais "financière". La constitution dit que "la Ceni assure la régularité du processus électoral et référendaire". Sur cette base constitutionnelle, toute la réflexion technique et organisationnelle ne doit se faire que dans la limite du temps constitutionnel. Elle ne peut pas se permettre de réfléchir au delà du temps qui lui est accordé par la constitution. Il faudra noter que la Ceni est indépendante, c'est à dire agit sans attendre" un quelconque dialogue" ou une orientation venant des acteurs politiques. Elle fixe un calendrier dans les délais et ne doit pas se soumettre aux humeurs des sujets politiques. Que ceux-ci l'acceptent ou pas, elle ne doit pas entrer dans le jeu politique. Le fait pour elle d'annoncer par son président que les délais ne seront pas respectés, là Monsieur Naanga va à l'opposé des prescriptions constitutionnelles. Naanga  assure l’irrégularité du processus car il évoque le dépassement de la date du 19 septembre 2016, la deadline. Alors la conséquence de tout cela est que "le dépassement du délai constitutionnel" est une identification de deux responsables: La Ceni et le gouvernement. Le premier est responsable pour avoir dépassé le délai constitutionnel, le deuxième, responsable d'avoir privé le premier des ressources. En réalité, il n'y a aucune solution en dehors de la constitution, car toutes les conséquences s'y trouvent. Si au 19 décembre 2016 un autre Président de la République n'est pas connu, les congolais doivent mettre en musique l'article 64 pour se protéger contre l’illégitimité du Président Kabila. Je rappelle que l'exposé de motif de la constitution de 2006 dit, je cite:"Depuis son indépendance, le 30 juin 1960, la République Démocratique du Congo est
confrontée à des crises politiques récurrente  dont l'une des causes fondamentales est la contestation de la légitimité des Institutions et de leurs animateurs.
Cette contestation a pris un relief particulier avec les guerres qui ont déchiré le pays de 1996 à 2003. En vue de mettre fin à cette crise chronique de légitimité et de donner au pays toutes les chances de se reconstruire...de mettre en place un nouvel ordre politique, fondé sur une nouvelle Constitution démocratique sur base de laquelle le peuple congolais puisse choisir souverainement ses dirigeants, au terme des élections libres, pluralistes, démocratiques, transparentes et crédibles.

 N.A/ C'est à dire?

C'est à dire en bref, que la constitution actuelle a pour essence "la lutte contre l’illégitimité". Si par malheur le Président Kabila atteint la date du 20 décembre 2016, le peuple est dans la disposition de combattre l’illégitimité par les possibilités que lui donne la constitution dans son article 64.

 N.A/ À l'impossible nul n'est tenu, voilà le pourquoi du dialogue...

Le dialogue! Quid est? J'aimerais d'abord dire que le dialogue a une historique que tout congolais connaît. Il faudra signaler que le dialogue n'est pas une planque où serait violé la constitution, ou un endroit réservé aux écornifleurs pour partager discrètement le pouvoir. Le Rassemblement (Ce grand rassemblement historique de l'opposition) reste dans la logique de la résolution 2277 qui dit ceci:"... Souligne l’importance d’un dialogue véritable pour que les élections présidentielle et législatives soient pacifiques, crédibles et conformes à la Constitution,...". Nous remarquons ici que les Nations unies soulignent l'aspect VÉRITABLE du dialogue et sa nature RESPECTUEUSE DE LA CONSTITUTION, autrement dit en respectant principes et délais.De ce point de vue là, tout est clair. L'opposition (Représentée par le Rassemblement) considère que le dialogue doit parler exclusivement "des élections à tenir dans le délai constitutionnel", Le peuple congolais reste attaché à sa constitution, et celle-ci fixe des délais que nul ne peut dépasser sous aucun prétexte. Le Rassemblement reste fidèle à la volonté du peuple.

N.A/ Parlons un peu du G7 et de son candidat Katumbi. Quel est le combat du g7, avoir Katumbi comme Président? Pourquoi ce choix?

(rires) Très bonne question. Le G7 est tout ce que le Président Kabila, son ban et arrière ban ne veulent pas "le respect de la constitution", et "le progrès de la RDC". Le combat du G7 est justement de réaliser ses deux concepts clés. Le G7 a un programme méticuleusement élaboré par des partis d’expérience, un programme ambitieux qui répondra aux attentes des congolais. 
Cependant, après une analyse stricte sur l'ensemble du personnel politique de la RDC, le G7 a fait le choix de Monsieur Moise Katumbi Chapwe, car il a le gabarit pour porter ce programme. Le G7 propose aux congolais un Président qui a un profil différent de ce que nous avons eu jusque là, c'est à dire des personnes ayant atteint la fonction présidentielle par coup d'Etat, ou par le mécanisme des armes. Monsieur Katumbi est  un self-made-man, un exemple de réussite sociale, il a réussi dans le business avant d'arriver en politique, il a été le gouverneur du Katanga (qui fût d'ailleurs un Etat à un moment donné de l'histoire de la RDC), une grande province, sa gestion qui fût saluée par la population et le pouvoir, une confirmation irréfutable. Et d'ailleurs d'autres provinces sont allées en session d'apprentissage au Katanga à l'époque, pour apprendre les méthodes de gestion à la Katumbi. A voir ce qui s'est passé au Katanga, l'on sait dire qu'il a une capacité d'attraction des investissements étrangers car il inspire le sérieux et la confiance. Nous avons vu Moise Katumbi côtoyer des grandes personnalités du monde des affaires comme Mo Ibrahim, ce grand entrepreneur africain, et bien d'autres. Ce sont des signaux qui prouvent à suffisance que c'est un homme ouvert au monde. Enfin Moïse Katumbi a su identifier que la jeunesse congolaise est une force qui doit être utilisée pour le développement de la RDC, sa considération pour la formation des jeunes et le sport.Tenez le sport, parlons-en. Le sport peut favoriser le développement : En favorisant le développement des infrastructures urbaines et leurs périphéries, en permettant la production de richesses à partir des ventes et services liés au sport; en boostant le commerce international; en soutenant la croissance des entreprises, l'entreprenariat et la création d'emplois; en améliorant la réputation d'un pays; en transcendant les différences nationales et en encourageant les valeurs universelles de loyauté, de d'amitié (La RDC en a besoin vu ce qu'elle a connu avec ses voisins directs et indirects); en améliorant l'état sanitaire et le bien‑être social; Enfin sans tout énuméré, Katumbi est pour la diversification de l'économie congolaise, il évoque le concept du "cuivre vert", à savoir : investir dans l'agriculture, chose qui permettra de chasser la famine, de permettre aux congolais de consommer des produits locaux par des prix très faibles, et en plus exporter. Pour tout vous dire Monsieur le journaliste, le G7 a su identifier l'homme qui est réclamé par le peuple.

N.A/ Entre temps Katumbi est sous mandat d'arrêt et condamné dans une affaire de spoliation. Ce qui risque de le rendre inéligible...

Le procès contre Moïse Katumbi est le spectacle le plus honteux que le pouvoir a offert au monde.Tout se déclenche dès qu'il démissionne de son poste de gouverneur et du PPRD, le Ministre de la justice lui attribue une affaire des mercenaires, du type Bob Denard, ensuite on l'accuse sur une affaire dans laquelle il n'est pas propriétaire de l'immobilier en question. 

N.A/ Affaires dites Alexandre STOUPIS...

Oui. Les congolais savent que ce sont des manœuvres du pouvoir car la peur de Katumbi est devenue obsessionnelle. Il est capable de battre n'importe quel candidat du pouvoir. C'est ça la vraie raison de cet acharnement. Monsieur Katumbi, notre candidat va rentrer et ne va reculer devant aucun obstacle.

N.A/ Parlons de la sécurité en RDC surtout dans sa partie Est, à Beni par exemple quelle est votre lecture et comment vs croyez les tenants du pouvoir peuvent remédier à cette situation?

D'abord, je m'incline devant la mémoire des congolais victimes de l'inefficacité du gouvernement congolais. L'horreur est leur quotidien: Femmes, filles, violées, la barbarie dans son paroxysme. En moins de deux ans, plus de 1.100 personnes ont été tuées à Lubero et surtout à Beni, dans le Nord-Kivu. L'Est de la RDC a cru en la promesse électorale de Kabila, voilà qu'ils sont abandonnés entre les mains de leurs bourreaux avec des complicités internes. L'Est de la RDC est un territoire abandonné par le pouvoir. La solution à cette question est la restructuration de l'armée et des services de sécurité. Il nous faut de l'efficacité dans les réunions militaires dans cette zone. Au delà de cela, travailler à développer un voisinage paisible avec les pays frontaliers, exploiter des programmes communs comme ceux expérimentés par la France et l'Allemagne après la deuxième guerre mondiale. Ces programmes vont de la collaboration culturelle, à la collaboration économique.

N.A/ Vs parlez de l'économie, en quoi est ce que celle de la RDC vous inspire?

A mon avis une économie saine est celle qui améliore la vie des congolais.Je veux dire par là que mon appareil de mesure de l'économie est le social des congolais. Le taux de pauvreté reste élevé en RDC malgré une croissance économique. En effet, la RDC a enregistré une croissance économique continue avec en moyenne un taux de 7,7 % par an entre 2010 et 2015, la redistribution des richesses est un vrai problème, encore une fois le pouvoir n'arrive pas à expliquer le "paradoxe de la croissance économie" qui appauvrit d'avantage les congolais. En vérité, un réseau savamment organisé par le pouvoir facilite l'impunité. Des milliards de dollars prennent une autre destination. Le Panel de haut niveau sur les flux financiers illicites, conduit par Thabo Mbeki, a conclu sa visite en RDC. Ses conclusions sont alarmantes : seuls 15% des minerais extraits du pays seraient déclarés aux autorités fiscales, ça, n'est que petit exemple sur une centaine. La corruption et le détournement des fonds devenus fréquents. Et l'Etat ferme les yeux.

N.A/ En un mot comme en mille, quel message particulier?

Les congolais ont trop souffert de l'inefficacité de Monsieur Kabila et de son régime, soudons- nous les coudes, soyons prêts pour prendre notre destin à main, si jamais la dictature veut s'imposer à nous. Le 20 décembre 2016, nous devons avoir un autre Président de la République.

Par Lwarhiba M. avec 

La Nouvelle Afrique





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Commentaires

konkolo mwansa lun. 29 août 2016 11:22

Le pouvoir ne lachera pas, ils sont ds leur laboratoire entrain de paufiner les manoeuvres tendant à nuir la crédibilité dès opposants. Les vrais pas les faux opposants.

muhindo kimuha innocent mer. 31 août 2016 17:47

je suis vraiment intéresser pour le nouvel de l'Afrique.