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Le très prétentieux ancien ambassadeur à Bruxelles a cru tromper l’opinion avec la casquette de directeur général d’un nébuleux "Centre d’intelligence stratégique et des relations internationales" (CISRI). Sur le site www.douania-risri.net, on apprend que le fameux centre n’est plus opérationnel depuis juin 2013.
Pour les besoins de la cause, Henri Mova Sakanyi a troqué la très antipathique casquette de secrétaire général du parti dominant PPRD à celle de "directeur général" du nébuleux "Centre d’intelligence stratégique et des relations internationales" (CISRI). Basé, dit-on, à Bruxelles et Paris, le Centre n’a pas d’adresse connue.
Samedi 20 août, le "professeur" Mova a participé à une "conférence scientifique" sur le thème : "La RDC est-elle menacée par le terrorisme?". C’était dans la salle de conférence du ministère des Affaires étrangères à Kinshasa.
Il importe d’ouvrir la parenthèse pour rappeler que lors de son intervention à la télévision nationale, le dimanche 14 août dernier, soit au lendemain des récents massacres à Beni, le ministre de la Communication et des médias Lambert Mende Omalanga déclarait que ces tueries seraient le fait des "Djiadistes radicalisés". Il n’a apporté aucun indice matériel à l’appui de cette thèse. L’objectif poursuivi est de masquer l’incurie des dirigeants congolais. Des dirigeants qui ont failli en matière sécuritaire. Fermons la parenthèse.
Dans son intervention, Henri Mova a exhorté les Congolais "à l’unité et à une prise de conscience afin de barrer la route au terrorisme".
Terrorisme
Interrogé par l’assistance si le terrorisme existait au Congo démocratique, l’orateur a répondu par l’affirmative. Selon lui, le Congo-Kinshasa "n’est pas seulement menacée, elle est aussi atteinte par le terrorisme au regard de la situation qui se passe à Beni".
A en croire le "professeur", il y a des mouvements terroristes répertoriés sur la liste établie par les Etats-Unis. Et que les ADF Nalu qui se déclarent des islamistes ont fui l’Ouganda en se repliant au Congo-Kinshasa où ils tuent la population congolaise. Au motif que celle-ci dénonce leurs actions et les empêche de promouvoir leurs activités. Mova semble ignorer que les combattants étiquetés "Nalu" (armée de libération nationale de l’uganda) ont fait reddition aux autorités ougandaises depuis 2007.
Lors de son exposé, Mova de lancer : "Le terrorisme est un phénomène mondial, il n’a pas d’ethnie, il atteint tout le monde et la RDC n’est pas épargnée". Ancien secrétaire général du PPRD et ministre de la Défense, Tchikez Diemu s’est cru en droit de "mettre en garde" les politiciens congolais qui, selon lui, "veulent distraire la population en profitant de la situation de Beni". "Le terrorisme n’épargne personne", a-t-il ajouté.
A Beni, le Premier ministre Augustin Matata Ponyo a été chahuté par une population qui a exigé la démission de celui-ci et de "Joseph Kabila" pour "incompétence". Ce chahut sans précédent a secoué le pouvoir kabiliste aux abois. La démarche de Mova est à insérer dans ce cadre.
Les kabilistes sont réputés immodestes. Arrogants. "Joseph Kabila" en tête. Ici, le "doute" est un sentiment inconnu. Les kabilistes ne font preuve d’un brin d’humilité que lorsque leurs privilèges paraissent menacés d’une manière ou d’une autre. Le naturel revient aussitôt au galop dès que le péril annoncé disparaît.
En septembre 2013, alors que les combattants du M23 avaient le vent en poupe, "Joseph Kabila" s’est découvert la vocation d’un chantre de la "cohésion nationale". Il convoqua ce qu’il va appeler les "Concertations nationales". But : "consolider la cohésion nationale".
A l’issue de ces assises, les participants formulèrent plus de 700 recommandations dont "100 prioritaires" qui ont été transmises à l’initiateur de ce forum. C’était en décembre 2013. Après avoir appliqué deux ou trois de ces résolutions, le "raïs" a classé ce dossier. Pourquoi? Simplement parce que le M23 avait cessé d’être une menace dès le mois de novembre de cette même année.
Rien d’étonnant que les représentants des forces politiques et sociales de l’opposition hésitent à prendre la "main tendue" de "Joseph Kabila" pour aller au "dialogue politique national inclusif". Chat échaudé a peur de l’eau froide. Le "raïs" traîne derrière lui la fâcheuse réputation d’un "homme sans parole". Un fourbe. "Nous ne voulons pas participer à des concertations nationales bis", entend-on dire.
Haute trahison
Henri Mova et les autres "professeurs" qui entourent "Joseph Kabila" ont dévoyé ce titre. Ils ont perdu tout crédit moral au sein de la société. Censés montrer le chemin à la population, ces "intellectuels", obnubilés par le pouvoir et ses privilèges, sont devenus une véritable menace pour la paix et l’unité nationale. Ils usent et abusent d’un discours pseudo-scientifique qui dissimulent mal la flagornerie et la vénalité. Ils disent tout sauf la vérité à leur "autorité morale".
Cette vérité est une. A savoir que le second et dernier mandat du président en exercice en l’occurrence "Joseph Kabila" expire le 19 décembre prochain. Et que nonante jours avant cette dernière date, soit le 19 septembre, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) doit convoquer le scrutin de l’élection présidentielle. Le président de la CENI a annoncé, le samedi 20 août, avec une pointe d’inconscience, qu’il n’y aura pas d’élections avant juillet 2017. Agir autrement, ce n’est ni plus ni moins que de la haute trahison.
A l’occasion de la commémoration du 19ème anniversaire de la "libération" du 17 mai 1997, le "professeur" Mova a invité les "politiciens ambitieux à la retenue et au respect des lois du pays".
Pour lui, "il est permis à tout Congolais d’avoir des ambitions mais pour la fin du mandat présidentiel, il est demandé à tout un chacun d’attendre les élections car le chef de l’Etat fera la remise reprise avec un président démocratiquement élu".
Questions : Quid du serment fait par "Joseph Kabila", le 20 décembre 2011, "devant Dieu et la nation d’observer et de défendre la Constitution et les lois de la République"? Vous avez dit garant du bon fonctionnement des institutions?
La prédication de Mova, directeur général du "CISRI" sur l’unité, ne peut en aucun cas faire oublier ces propos menaçants de Mova, secrétaire général du PPRD : "C’est le dialogue ou la guerre...". Les véritables "terroriste-djiadistes" se trouvent non pas à Beni mais dans les rangs du PPRD...
B.A.W
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