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RDC: F. Tshisekedi : « Il ne faut pas sous-estimer la force d’un peuple en colère »

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RDC: F. Tshisekedi : « Il ne faut pas sous-estimer la force d’un peuple en colère »

Pas de fissures au sein du Rassemblement

La représentation de l’UDPS en Belgique et au Grand-Duché de Luxembourg a organisé, vendredi 4 novembre, au "Press Club Brussels europe", une conférence de presse animée conjointement par Félix Tshisekedi Tshilombo et Tharcisse Loseke Nembalemba, respectivement secrétaire général adjoint et secrétaire national chargé des Relations extérieures de cette formation politique. Les deux orateurs ont fait le point sur « l’impasse » dans laquelle se trouve le pays et les consultations en cours menées par les évêques catholiques en vue d’identifier les « points de divergence » existant entre les signataires de l’accord politique du 18 octobre et les forces politiques et sociales acquises au changement. Va-t-on vers un dialogue "plus conforme" à la résolution 2277 du Conseil de sécurité?

« Il n’y a pas de fissures au sein du Rassemblement ». « Les forces politiques et sociales regroupés au sein du Rassemblement sont toujours unies autour d’un objectif principal : empêcher la violation de la Constitution ». « Pour le Rassemblement, les élections doivent avoir lieu au cours de l’année 2017 ». «Joseph Kabila n’a pas été capable d’organiser les élections en cinq ans, comment pourra-t-il le faire en quelques mois ? ». « Un régime spécial devra assurer la gestion du pays au cours de la période comprise entre le 19 décembre prochain et la tenue effective de l’élection présidentielle et des législatives ». Ce sont là les principaux « messages forts » envoyés par le secrétaire général adjoint de l’UDPS, Félix Tshisekedi Tshilombo. 

Une vingtaine de jours après la signature de l’accord politique conclu sous la facilitation de l’Union Africaine (UA), représentée par Edem Kodjo, l’embellie politique espérée est loin d’être au rendez-vous au Congo-Kinshasa. La réunion des dirigeants africains de la CIRGL (Conférence internationale pour la Région des Grands lacs) qui s’est tenue le 26 octobre à Luanda, en Angola, n’a pas été d’un grand secours. Bien au contraire. « Notre pays traverse la période la plus critique de son histoire », a relevé Tshisekedi Tshilombo dans son mot introductif. Ajoutant que cette situation procède de «l’obstination d’un seul individu à vouloir se maintenir au pouvoir à tout prix, appuyé en cela par son clan politique, (…).»

Un « vrai dialogue »

A Kinshasa, les évêques catholiques ont entamé des "consultations" en vue de concilier les prétentions des forces en présence. L’objectif serait la tenue d’un "vrai dialogue inclusif" réunissant les participants au « dialogue » de la Cité de l’UA et les forces politiques et sociales ayant boycotté ce forum. 

Selon des sources, l’initiative de la démarche des prélats catholiques émanerait de "Joseph Kabila". Celui-ci redouterait, dit-on, un « embrasement général » au lendemain de l’expiration de son second et dernier mandat. «Face au danger que court la République démocratique du Congo », a souligné le secrétaire général adjoint de l’UDPS, le Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement a proposé un « schéma de sortie de crise » consistant à l’organisation d’un « vrai dialogue ». Celui-ci aura pour ordre du jour, « la gestion du pays durant la période de transition qui ira de la fin du mandat de M. Kabila (19 décembre 2016) à la tenue de l’élection présidentielle et des législatives ». 

Pour "Félix", "Joseph Kabila" parait disqualiié pour diriger le pays durant la "période de transition". Au motif qu’il ne pourra pas organiser en quelques mois des élections qu’il n’a pas été capable de mettre en route en cinq ans. 

Comme pour souligner l’urgence de l’organisation d’un nouveau dialogue, il a rappelé que le mandat des députés nationaux expirera en février 2017. « (…), dans quelques mois le pays risquerait de se retrouver sans institutions légales et légitimes », a-t-il souligné.

Pas de fissures au sein du Rassemblement 

Lors du jeu des questions-réponses, les deux cadres de l’UDPS se sont efforcés d’éclairer l’opinion. La ratification de l’accord politique issu du dialogue par des membres du Rassemblement - dont Willy Mishiki - voudrait-elle dire que ce groupement connaîtrait des fissures en son sein ? « Il n’y a pas de fissures au sein du Rassemblement, a réagi Tshisekedi Tshilombo. C’est l’appât du gain qui a incité les personnes auxquelles vous faites allusion à poser leur acte. Le Rassemblement reste ferme sur son objectif principal qui consiste à barrer la route à l’imposture ». Tharcisse Loseke d’enchaîner : « Le Rassemblement tient au respect de la Constitution ainsi qu’à l’alternance. L’accord politique conclu le 18 octobre viole la Constitution tout en restant muet sur l’alternance.» Pour Loseke, Willy Mishiki a révélé sa vraie nature. Celle d’une « taupe ». « En ratifiant l’accord politique, l’homme a rejoint sa famille originelle », ironise-t-il.

Interrogé sur l’interdiction du meeting programmé l’UDPS ce samedi 5 novembre par les autorités à Kinshasa, « Félix » réagit fermement : « Le meeting est maintenu pour la simple raison que l’organisation des manifestations politiques n’est plus soumise à un régime d’autorisation. Une information suffit. Conformément à la Constitution, nous avons informé les autorités compétentes. Il incombe à ces autorités de prendre des dispositions pour encadrer cet événement.» 

S’agissant des révélations faites par le quotidien "Le Soir" daté du 29 octobre sur des cas de détournements de deniers publics à la BGFI, Félix Tshisekedi n’a pas exclu que le Rassemblement demande une enquête judiciaire. "Lorsqu’on constate qu’un des bénéficiaires d’un chèque tiré sur le compte de la Commission électorale nationale indépendante n’est autre qu’une des maîtresses de Norbert Nangaa, on se trouve face un vrai scandale", fulmine Loseke. Et de poursuivre : "La personne qui a fait ces révélations (Ndlr : Jean-Jacques Lumumba) n’a pas tout dit. Il va nous alimenter encore. En attendant, les médias devraient interpeller l’Assemblée nationale pour exiger la démission de l’actuel président de la CENI".

Pourquoi l’UDPS ne change-t-elle pas de stratégie en optant pour la « lutte armée » ? « L’UDPS n’entend en aucun cas abandonner la lutte non violente », répond Tshisekedi Tshilombo en soulignant au passage les « malheurs » que le Congo continue à vivre du fait des groupes armés créés jadis par des fils du pays avec le soutien de certains Etats voisins. « Nous ne changerons pas de stratégie », a renchéri Loseke Nembalemeba. Le secrétaire général adjoint de l’UDPS de conclure : « Il ne faut pas sous-estimer la pression populaire. Il ne faut pas sous-estimer la force d’un peuple en colère… ».

Baudouin Amba Wetshi 
© Congoindépendant 2003-2016





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