Diplomatie : Conflit frontalier RDC-Zambie, une confusion entretenue au sommet entre deux communicants du pouvoir de Kinshasa
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La porte-parole adjointe du Président de la République Tina Salama et du gouvernement Jolino Makelele se contredisent lamentablement
Par la Nouvelle Afrique
Qui dit vrai entre le porte-parole du Gouvernement et la porte-parole adjointe du Président de la République Félix Tshisekedi sur le conflit frontalier qui oppose la RDC à la Zambie ?
En tous cas, la question mérite d'être posée s'il faut se référer à Madame Tina Salama Porte-parole adjointe du Président de la République qui, dans une publication à travers son compte twitter, l'adjointe de Kasongo Mwema avait confirmé que les troupes zambiennes avaient bel et bien quitté le territoire congolais et que la population avait regagné les coins jadis occupés.
Cependant, du côté gouvernement, c'est un tout autre son de cloche qui retentit du ministre de la communication et médias qui, au cours de son point de presse du jeudi 6 août avait souligné que les troupes zambiennes quitteront progressivement le territoire congolais et que le retrait en question nécessitait des impératifs logistiques.
Il y a donc là d,eux sorties médiatiques qui sèment une confusion de plus dans l’opinion qui veut savoir notamment la différence entre l’armée zambienne qui se serait retirée et les troupes qui sont encore là.
Notons que le fait pour les deux communicants de deux institutions qui gèrent le pays de n'avoir brandi, images à l'appui et à l'absence des rapports pour étayer leurs allégations, contribuent à renforcer des spéculations dans tous les sens, surtout on quand sait combien la SADC, a été on ne peut plus claire dans son dernier communiqué du 27 juillet qui dit attendre encore des experts envoyés en Zambie et en RDC, les rapports de terrain.
Kinshasa avait donc pèché par une légèreté dans l'appréciation plongeant ainsi tout un peuple dans un flou artistique alors que son gouvernement avait sollicité l'implication du Président Zimbabwéen Mnangagwa qui préside l'organe de la SADC chargé des affaires politiques, de défense et de sécurité, pour tenter de trouver une solution diplomatique sur ces questions qui fâchent.
Curieusement, avant même que le secrétaire exécutif de la SADC qui a été chargé de « faciliter la constitution et le déploiement d'une équipe d'experts techniques pour mener une mission dans les zones frontalières touchées » n'ait fait rapports, le conseil des ministres s'était précipité d'annoncer une résolution qui n'en est pas une, ce, en faveur de la RDC.
Ce qui, au regard de la suite des événements, n'aurait pas plu à cette organisation africaine qui, trois jours après le compte-rendu du gouvernement congolais, a fait savoir en date du 27 juillet qu'« aucune déclaration publique n'avait été faite par l'équipe d'experts techniques RDC-Zambie sur les questions frontalières » don't d'ailleurs la mission avait pour objet de « mener des campagnes de sensibilisation auprès de divers groupes cibles afin d’assurer la pleine coopération de la population locale; faciliter l'adoption d'un système commun de détermination des coordonnées frontalières et d'une approche par étapes pour la démarcation des frontières et l'identification des balises de référence clés le long de la frontière».
En attendant et, contrairement aux affirmations de deux porte-paroles, il faut souligner que les troupes zambiennes ont effectivement décroché de Kalubamba pour aller camper à Kanyungo, au pied du mont Kipindye, toujours à Muliro en territoire congolais. D'où l'appel à la vigilance.
La Nouvelle Afrique